Produit scalaire - 2nd
Classe:
Seconde
I. Définitions
I.1 Définition 1
Soient →u et →v deux vecteurs non nuls, A un point du plan. Il existe deux points B et C tels que →AB=→u et →AC=→v

On appelle produit scalaire de →u et →v le réel noté →u⋅→v=→AB⋅→AC=¯ABׯAH=¯AH′ׯAC où H est le projeté orthogonal de C sur (AB) et H′ est le projeté orthogonal de B sur (AC).

I.2 Définition 2
→AB⋅→AC=||→AB||×||→AC||×cos(→AB, →AC)
En effet
→AB⋅→AC=¯ABׯAC=AB.AC=||→AB||×||→AC||×cos(→AB, →AC)⏟=1

→AB⋅→AC=¯ABׯAC=−AB.AC=||→AB||×||→AC||×cos(→AB, →AC)⏟=−1

→AB⋅→AC=¯ABׯAA=0=||→AB||×||→AC||×cos(→AB, →AC)⏟=0

→AB⋅→AC=¯ABׯAH
Or, cos(→AB, →AC)=¯AH¯AC donc, ¯AH=AC.cos(→AB, →AC)
Par suite, →AB⋅→AC=AB×AC×cos(→AB, →AC)
D'où, →AB⋅→AC=||→AB||×||→AC||×cos(→AB, →AC)

→AB⋅→AC=¯ABׯAH=−AB×AH
Or, cos(→AB, →AC)=¯AH¯AC=cos(π−(→AB, →AC))=−cos(→AB, →AC)
Donc, ¯AH=−AC.cos(→AB, →AC)
Par suite, →AB⋅→AC=AB×AC×cos(→AB, →AC)
D'où, →AB⋅→AC=||→AB||×||→AC||×cos(→AB, →AC)

Activité
Soit ABC un triangle équilatéral de coté 4, de centre G et on désigne par I le milieu du coté [AC].
Calculer les produits scalaires ci-dessous.
→IB⋅→AC; →IB⋅→CI; →IG⋅→AI; →AB⋅→AC
→BI⋅→BI; →AB⋅→AG; →GB⋅→GC
Résolution

→IB⋅→AC=IB×AC×cos(→IB, →AC) or ^(→IB, →AC)=90∘ donc, cos(→IB, →AC)=0
Ainsi, →IB⋅→AC=IB×AC×cos(→IB, →AC)=0
→IB⋅→CI=IB×CI×cos(→IB, →CI)=0 car, (IB)⊥(IC)
→IG⋅→AI=IG×AI×cos(→IG, →AI)=0 car, (IG)⊥(AI)
→AB⋅→AC=AB×AC×cos(→AB, →AC)=4×4×cos(π3)=4×4×12=8
D'où, →AB⋅→AC=8
→BI⋅→BI=BI2×cos(→BI, →BI) or d'après théorème de Pythagore on a BI2=BC2−IC2=42−22=16−4=12
D'où →BI⋅→BI=12
→AB⋅→AG=AB×AG×cos(→AB, →AG)or AG=23AH et (→AB, →AG)=(→AB, →AC)2=4×23AH×cos(π6)or BH=BI=4×23BI×√32=4×23×2√3×√32=8
D'où, →AB⋅→AG=8
→GB⋅→GC=GB×GC×cos(→GB, →GC)or (→GB, →GC)=2(→AB, →AC)=23BI×23BI×cos(2π3)=49×12×(−12) = −83
D'où, →GB⋅→GC=−83
I.3 Propriétés
⋅ →u⋅→v=→v⋅→u
En effet, →u⋅→v=||→u||.||→v||.cos(→u, →v)
→v⋅→u=||→v||.||→u||.cos(→v, →u), or (→v, →u)=−(→u, →v)
Donc, cos(→v, →u)=cos(−(→u, →v))=cos(→u, →v))
D'où, →u⋅→v=→v⋅→u
⋅ α∈R, →u⋅(α→v)=(α→u⋅→v)=α(→u⋅→v)
⋅ α,β∈R, (α→u)⋅(β→v)=(→u⋅→v)(α.β)
⋅ →u⋅(→v+→w)=→u⋅→v+→u⋅→w
⋅ →u≠→0,→v≠→0,→u⋅→v=0⟺→u⊥→v
⋅ ||→u+→v||2=||→u||2+||→v||2+2→u⋅→v
⋅ ||→u−→v||2=||→u||2+||→v||2−2→u⋅→v
⋅ ||→u+→v||2+||→u−→v||2=2(||→u||2+||→u||2)
⋅ →u⋅→u=||→u||2
I.4 Expression du produit scalaire dans une base orthonormé
(O →i, →j) un repère orthonormé direct.
||→i||=||→j||=1
→i⊥→j et →i⋅→j=0
→i⋅→i=||→i||2=1 et →j⋅→j=||→j||2=1
Considérons deux vecteurs →u(xy) et →v(x′y′) dans cette base.
On a : →u=x→i+y→j et →v=x′→i+y′→j
Donc, →u⋅→v=(x→i+y→j)⋅(x′→i+y′→j)=xx′(→i⋅→i)+xy′(→i⋅→j)⏟=0+x′y(→i⋅→j)⏟=0+yy′(→j⋅→j)
D'où, →u⋅→v=xx′+yy′
Exercice d'application
Le plan est muni d'un repère orthonormé (O; →i, →j). Soit A(12), B(34) et C(−21) trois points du plan.
1) Déterminer une équation de la médiatrice de [AB]
2) Déterminer une équation du cercle de diamètre [BC]
Résolution

1) Soit I milieu de [AB]; I(23).
N(xy) appartenant à la médiatrice de [AB] alors, →IN(x−2y−3)⊥→AB(22).
Donc, →IN⋅→AB=0 ⇔ 2(x−2)+2(y−3)=0
Ainsi, (D) : x+y−5=0
2) Soit M(xy)∈(C) alors, →BM(x−3y−4)⊥→CM(x+2y−1).
→BM⊥→CM⇔→BM⊥→CM=0⇔(x−3)(x+2)+(y−4)(y−1)=0⇔x2+y2−x−5y−2=0
D'où (C) : x2+y2−x−5y−2=0
I.5 Distance d'un point à une droite
Soient (D) la droite d'équation ax+by+c=0, M0(x0y0)∉(D) un point du plan, →n(ab) un vecteur normal à (D). Soit H(xHyH) le projeté orthogonal de M0 sur (D).
Nous appelons d(M0, (D)) la distance de M0 à (D).
On a : d(M0, (D))=||→M0H||

Calculons →M0H⋅→n de deux façons différentes.
On a :
→M0H⋅→n=||→M0H||.||→n||.cos(→M0H, →n)=a(xH−x0)+b(yH−y0)=axH+byH−ax0−by0
Or, H∈(D) donc, ses coordonnées vérifient l'équation de la droite (D).
⇒axH+byH+c=0, ce qui donne axH+byH=−c
⇒→M0H⋅→n=−c−ax0−by0
⇒||→M0H⋅→n||=|−c−ax0−by0|=|ax0+by0+c|
On avait ||→M0H⋅→n||=||→M0H||.||→n||
donc, ||→M0H||=|ax0+by0+c|||→n|| .
Comme ||→n||=√a2+b2 alors, d(M0, (D))=||→M0H||=|ax0+by0+c|√a2+b2
Exemple
Soit la droite (D) d'équation 2x−y+3=0 et A(51) un point du plan.
Déterminer d(A, (D))
Résolution

Soit →n(2−1) un vecteur normal à (D) alors on a : d(A, (D))=|(2)(5)+(−1)(1)+3|√22+(−1)2=12√5=12√55
I.6 Relations d'Alkashi

Soit ABC un triangle d'angles ˆA, ˆB et ˆC respectivement opposés aux cotés a, b et c. Nous avons :
⋅ a2=b2+c2−2bc.cosˆA
⋅ b2=a2+c2−2ac.cosˆB
⋅ c2=a2+b2−2ab.cosˆC
Preuve
On a :
BC2=(→BA+→AC)2=(−→AB+→AC)2=||→AB||2+||→AC||2−2→AC⋅→AB=||→AB||2+||→AC||2−2AB.ACcos(→AB, →AC)
D'où, a2=b2+c2−2bc.cosˆA
AC2=(→AB+→BC)2=(−→BA+→BC)2=||→BA||2+||→BC||2−2→BA⋅→BC=||→BA||2+||→BC||2−2BA.BCcos(→BA, →BC)
D'où, b2=c2+a2−2ac.cosˆB
AB2=(→AC+→CB)2=(−→CA+→CB)2=||→CA||2+||→CB||2−2→CA⋅→CB=||→CA||2+||→CB||2−2CA.CBcos(→CA, →CB)
AB2=(→AC+→CB)2=(−→CA+→CB)2=||→CA||2+||→CB||2−2→CA⋅→CB=||→CA||2+||→CB||2−2CA.CBcos(→CA, →CB)
D'où, c2=a2+b2−2ab.cosˆC
I.7 Relation des sinus

Soit S l'aire du tringle ABC. Considérons HA, HB et HC les projections orthogonales de A, B et C sur (BC), (AC) et (AB) respectivement. On a : sinˆAa=sinˆBb=sinˆCc=2Sabc
Preuve
On a : S=BC×AHA2=AB×CHC2=AC×BHB2 or,
sinˆC=AHAAC⇒ AHA=AC.sinˆC=b.sinˆC
sinˆB=CHCBC⇒ CHC=BC.sinˆB=a.sinˆB
sinˆA=BHBAB⇒ BHB=AB.sinˆA=c.sinˆA
Donc, S=BC.b.sinˆC2=AB.a.sinˆB2=AC.c.sinˆA2
Ainsi, S=a.b.sinˆC2=c.a.sinˆB2=b.c.sinˆA2
Par suite, 2S=a.b.sinˆC=c.a.sinˆB=b.c.sinˆA
D'où, 2Sabc=sinˆAa=sinˆBb=sinˆCc
Si de plus nous considérons le cercle C circonscrit au triangle ABC, de centre O (point de rencontre des trois médianes) et de rayon R.
Soit A′ le symétrique de A par rapport à O. On a :
sinˆC=sin^AA′B=ABAA′ or, AA′=2R donc, sinˆC=c2R
D'où, sinˆCc=12R

II. Lignes de niveau
Activité
A et B deux points du plan P tels AB=4cm.
On définit l'application f f : P→RM→f(M)=→AB⋅→AM
1) Si C est tel que ABC est équilatérale direct, calculer f(C)
2) Déterminer l'ensemble E0 des points M du plan tels que f(M)=0
3) Déterminer l'ensemble Ek des points M du plan tels que f(M)=k
4) Déterminer l'ensemble E8 des points M du plan tels que f(M)=8
Résolution

1) Soit f(M)=→AB⋅→AM
On a : f(C)=→AB⋅→AC=AB×AC×cos(→AB, →AC)=4×4×12=8
2) E0={M∈P; f(M)=0}
→AB⋅→AM=0 ⇒ →AB⊥→AM
E0 est donc la perpendiculaire à (AB) passant par A.
3) Soit le repère (A, →AB4); xA=0, xB=4

→AB⋅→AM=k ⇒ ¯ABׯAHk=k où Hk est le projeté orthogonal de M sur (AB).
¯ABׯAHk=k⇔(xB−xA)(xHk−xA)=k⇔4xHk=k⇒xHk=k4
Donc, Ek est la perpendiculaire à (AB) passant par Hk tel que xHk=k4
4) f(M)=8 donc E8 est la perpendiculaire à (AB) passant par H8 tel que xH8=84=2.
Ainsi, E8 passe par le milieu de [AB] donc c'est la médiatrice de [AB].
Complément
⋅ E={M∈P; →MA⋅→MB=0} est le cercle de diamètre [AB].
Soit I milieu de [AB] , on a :
→MA⋅→MB=(→MI+→IA)⋅(→MI+→IB)=MI2+→MI⋅(→IA+→IB)⏟=→0+→IA⋅→IB=MI2−→AB2⋅→AB2 = 0⇒ MI2=AB24
Et on retrouve bien le cercle de centre I et de rayon AB2. C'est tout simplement le cercle de diamètre [AB]
⋅ E={M∈P; →MA⋅→MB=k>0} est le cercle de centre I milieu de [AB] et de rayon R=√k+AB24.
En suivant la même approche du raisonnement précédent on obtient :
MI2=k+AB24
On reconnait bien un cercle de centre I; milieu de [AB] et de rayon R=√k+AB24.
Et dans un contexte plus général, il suffit juste d'avoir k>−AB24 pour que le cercle soit bien défini.
⋅ E={M∈P; ||→MA||=||→MB||} est la médiatrice du segment [AB].
Soit I milieu de [AB] , on a :
||→MA||=||→MB||⇔||→MA||2=||→MB||2⇔||→MA||2−||→MB||2=0⇔(→MA−→MB)⋅(→MA+→MB)=0⇔(→MI+→IA−→MI−→IB)⋅(→MI+→IA+→MI+→IB)=0⇔2→BA⋅→MI=0⇔→AB⋅→MI=0
On reconnait la perpendiculaire à (AB) passant par I. C'est la médiatrice du segment [AB].
Théorème de la médiane

Soient I milieu du segment [AB] et M un point du plan tel que MBA soit un triangle. Alors on a :
→MI=12(→MA+→MB)
MA2+MB2=2MI2+AB22
Preuve
I milieu de [AB], alors I est isobarycentre de A et B, donc on a :
→MA+→MB=2→MI ⇒ →MI=12(→MA+→MB)
MA2+MB2=(→MI+→IA)2+(→MI+→IB)2=MI2+IA2+2→MI⋅→IA+MI2+IB2+2→MI⋅→IB=2MI2+IA2+IB2+2→MI⋅(→IA+→IB)
Or, IA=IB=AB2 et →IA+→IB=→0
D'où, MA2+MB2=2MI2+AB24+AB24=2MI2+AB22
Travaux Pratiques
Soit A et B deux points du plan tels que AB=6.
Déterminons l'ensemble des points M du plan tels que 2MA2+3MB2=k
Soit G barycentre de (A, 2), (B, 3)
On a :
2MA2+3MB2=k⇔2(→MG+→GA)2+3(→MG+→GB)2=k⇔2(MG2+2→MG⋅→GA+GA2)+3(MG2+2→MG⋅→GB+GB2)=k⇔5MG2+4→MG⋅→GA+6→MG⋅→GB+2GA2+3GB2=k⇔5MG2+2→MG⋅(2→GA+3→GB)⏟=→0+2GA2+3GB2=k⇔MG2=k−2GA2−3GB25
− si k−2GA2−3GB25<0, Ek=∅
− si k−2GA2−3GB25=0, Ek={G}
− si k−2GA2−3GB25>0 alors MG=√k−2GA2−3GB25
D'où, Ek est le cercle de centre G et de rayon r=√k−2GA2−3GB25
Ek=C(G, √k−2GA2−3GB25)
Auteur:
Diny Faye & Seyni Ndiaye
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