Généralités sur les fonctions - 1er S

Classe: 
Première

I Définition de fonctions et applications

I.1 Définition 

   Soient E et F deux ensembles, on appelle fonction toute relation qui associe à tout élément de E au plus un élément de F.
 

 
 
 

 
 
   On appelle fonction d'une variable réelle à valeurs réelles une application qui à tout élément x d'une partie D de R associe un réel et un seul noté f(x)
 
  Le réel y=f(x) est appelé image de x par f
 
  x est un antécédent de y
 
  La partie D est appelée ensemble de définition de la fonction.
 
   Soit f une fonction définie sur D, et ED, alors f(E) désigne l'ensemble des images des éléments de E.

Notation

f:DRxf(x)

I.2 Ensemble de définition

Soit f une fonction d'une variable réelle x, on appelle ensemble de définition de f l'ensemble noté Df={xR/f(x) existe }

Exemple 1 :

La fonction identité xx est définie sur D=R
 
La fonction élévation au carré xx2 est définie sur D=R
 
La fonction inverse x1x est définie sur D=R=R{0}
 
La fonction racine carré xx est définie sur D=R+=[0;+[

Exemple 2 :

Déterminer l'ensemble de définition des fonctions suivantes.
 
a) f(x)=x25x
 
b) g(x)=x24x+3
 
c) h(x)=2x+1x24
 
d) k(x)={2x+1x21si x<0x2xx9si x0

Solution 

a) Nous savons que x25x est un  polynôme de degré deux, donc xR; x25x existe.
 
Ainsi, Df=R
 
b) On a g(x) existe si, et seulement si, x24x+30.
 
Soit le trinôme du second degré suivant : x24x+3
 
On a Δ=b24ac=1612=4
 
Δ>0 donc le trinôme admet deux racines distinctes x1 et x2 telles que x1=422=1 et x2=4+22=3.
 
Ainsi, le trinôme est du signe de a à l'extérieur des racines et du signe de a à l'intérieur.
 
a étant positif, donc x24x+30 sur ]; 1][3; +[.    
 
D'où, Dg=]; 1][3; +[    
 
c) On a :
 
h(x) existe x240(x2)(x+2)0x2 ou x2
 
D'où, Dh=R{2; 2}
 
d) Pour x<0, k1(x)=2x+1x21
 
on a :
 
k(x) existe x210(x1)(x+1)0x1 ou x1
 
donc, Dk1=]; 1[]1; 0[
 
pour x0, k2(x)=x2xx9
 
on a
 
k(x) existe x2x0 et x90x(x1)0 et x9x1 et x9
 
donc, Dk2={0}[1; 9[]9; +[
 
D'où, Dk=Dk1Dk2=]; 0][1; +[{1; 9}

Remarque :

Il ne faut pas confondre f appelé fonction ; avec f(x) (désigné aussi par y) qui est le réel associé par f à un élément donné x.

I.3 Courbe représentative d'une fonction

Soit f une fonction définie sur Df
 
La courbe représentative de f notée Cf dans un repère est l'ensemble des points M(x,f(x)) avec xDf
 
On dit que y=f(x) est une équation de cette courbe dans le repère considéré.
 
On note 
{M(xy) tel que xDf et y=f(x)}

I.4 Application

I.4.1 Définition

On appelle application de A vers B toute relation de A vers B qui associe tout élément de A, un et un seul élément de B.

 
 
 
 

Remarque : 

f:IRxf(x)
Pour que f soit une application il faudrait que IDf.
 
Toute application est une fonction. La réciproque est fausse.

I.4.2 Applications injectives, surjectives, bijectives

a) Application injective ou injection

Une application f:EF est dite injective si, et seulement si, deux éléments différents de l'ensemble de points E ont des images différentes dans F.

Remarque :

Une application f:EF n'est pas injective s'il y a deux éléments différents de E qui ont la même image dans F.

b) Théorème de caractérisation de l'injection

Une application f:EF est dite injective si, et seulement si, xxf(x)f(x)
ou encore f est dite injection si, et seulement si, f(x)=f(x)x=x

Exemple :

f:[1; +[Rxx2
Soient x et x dans [1; +[, alors 
 
f(x)=f(x)x2=x2x=x
 
d'où f est injective

c) Application surjective ou surjection

Une application f:EF est dite surjective si, et seulement si, yF, xE tel que f(x)=y

Exemple :

f:RRxx2
f n'est pas surjective car si y<0, alors on aura x2=y<0 ; ce qui est impossible.
 
g:[1; +[Rxx24
 
g(x)=yx24=yy+4=x2impossible si, y<4
 
g(x)=7x24=7x2=3impossible 
 
donc g n'est pas surjective
 
h:R{2}R{1}xx+1x2
 
h(x)=yx+1x2=yx+1=yx2yxyx=12yx(1y)=12yx=12y1y=1+2yy1 avec y1
 
donc h est surjective

d) Application bijective ou bijection

Soit f une application de A vers B
f:ABxf(x)=y
f est dite bijective si f est à la fois injective et surjective.

 

 
 

e) Théorème de caractérisation

Une application f:AB est bijective si, et seulement si, yB,  il existe un unique xA tel que f(x)=y
Si f est bijective, alors elle admet une bijection réciproque que l'on note f1 qui va de B vers A.

 
 
 
f(x)=y si, et seulement si, x=f1(y)

II Opérations sur les fonctions

II.1 Égalité de deux fonctions

Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur Df et Dg
 
On dit que les deux fonction f et g sont égales si, et seulement si, Df=Dg et xDf, f(x)=g(x)
 
f=g{Df=DgxDf,f(x)=g(x)

II.2 Somme de deux fonctions

Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur Df et Dg
 
On définit sur D=DfDg la somme f+g par 
 
xD, f+g:xf(x)+g(x)
 
On peut aussi écrire 
 
xD, (f+g)(x)=f(x)+g(x)

Exemple :

soit f:x1x+2 et g:x1x2 deux fonctions définies sur l'intervalle ]2; 2[
 
La somme f+g:x1x+2+1x2=x2+x+2(x+2)(x2)=2xx24 est définie sur ]2; 2[

II.3 Produit d'une fonction par un réel

f une fonction définie sur D et pour tout réel k, le produit d'un réel k par la fonction f est noté : kf et se définit par
 
kR, xD, kf:xkf(x)
 
On peut aussi écrire le produit kf d'un réel k par une fonction f
 
kR, xD, (kf)(x)=kf(x)

II.4 Produit de deux fonctions

On définit sur D=DfDg le produit fg par xD, fg:xf(x)g(x)
 
On peut aussi écrire xD, (fg)(x)=f(x)g(x)

Exemple :

soit f:x1x et g:x1x1 deux fonctions définies sur l'intervalle ]0; 1[
 
Le produit fg:x1x.1x1=1x(x1) est définie sur ]0; 1[

Remarque :

Le produit fg peut donner une fonction nulle sans qu'aucune des deux fonctions  f et g soit identiquement nulle.

Exemple :

f:x{0six[0; 1]xsix[1; 2] et g:x{xsix[0; 1]0six[1; 2]
 
Le produit fgx0 si x[0; 2] est la fonction nulle sur [0; 2] bien que ni f ni g ne soit la fonction nulle.

II.5 Quotient de deux fonctions

On définit sur D=DfDg, le quotient fg tel que pour tout x de D tel que g(x)0 par 
 
fg:xf(x)g(x)
 
On peut aussi écrire 
 
xD; g(x)0, (fg)(x)=f(x)g(x)

Exemple :

soit f:x1x+1 et g:x1x1 deux fonctions définies sur l'intervalle ]1; 1[
 
Le quotient fg:x1x+11x1=x1x+1 est définie sur ]1; 1[

Remarque :

Le quotient fg:xx1x+1 est même définie sur ]1; 1]

III Composition de deux fonctions

Soient f et g deux fonctions numériques de la variable xR définies respectivement sur Df et Dg.
 
Soit D l'ensemble des éléments x de Df tels que f(x)Dg.
 
La composée gf ("g rond f") est la fonction numérique, d'ensemble de définition D, définie par  (gf)(x)=g[f(x)] (on remplace x par l'expression de f(x) dans g(x)).
 
Dans l'écriture gf la première application est f et la seconde est g.
 
De même, (fg)(x)=f[g(x)] (on remplace x par l'expression de g(x) dans f(x)).
 
On a :
(gf)(x)=g[f(x)]{xDff(x)Dg
 
(fg)(x)=f[g(x)]{xDgg(x)Df

Exemple :

Soit  f:xx21 et  g:x1x
 
On a Df=R et Dg=R=R{0}
 
Pour tout xDf=R tel que f(x)0 c'est-à-dire pour x210 ou encore pour xD=R{1; 1}, la composée gf des deux applications f et g est
 
(gf)(x)=g[f(x)]=g[(x21)]=1x21
 
gf:R{1; 1}Rx1x21

Exemple :

Soit :
f:]1; 1]Rx1x1+x
 
Calculons ff=f2
 
On a : x]1; 1]
 
f2(x)=(ff)(x)=f[1x1+x]=11x1+x1+1x1+x=1+x1+x1+x1+x+1x1+x=x
 
et donc, 
f2:]1; 1]Rxx

Propriété :

La composition des applications est associatives (hg)f=h(gf) mais attention! elle n'est pas commutative gffg

Exemple :

Soit :
f:RRx2x+3
 
et 
g:RRxx2
 
 
alors, xR, (gf)(x)=g[2x+3]=(2x+3)2=4x2+12x+9
 
et xR, (fg)(x)=f[x2]=2x2+3
 
et donc, 
gf:RRx4x2+12x+9
 
et
fg:RRx2x2+3
 
Par conséquent, gffg (même si les deux composée existent)

Attention !

Il ne faut pas confondre le produit de deux fonctions et la composition de ces deux fonctions.

Exemple :

Considérons les deux fonctions f:xx1 et g:x1x2+1 , ces deux fonctions sont définies sur D=R
 
La fonction produit fg est la fonction 
 
fg:xx1x2+1 
 
La fonction composée gf est la fonction 
 
(gf)(x)=g[f(x)]=g[(x1)]=1(x1)2+1
 
Soit  gf:x1x22x+2

IV Les formules de changement de repère (par translation)

Le plan est muni d'un repère (O; i, j) et Cf est la courbe représentative de y=f(x) dans ce repère.
 
Soit Ω le point de coordonnées (a,b) dans le repère (O; i, j).
 
Alors, OΩ=ai+bj
 
Quelle est l'équation de la courbe Cf dans le nouveau repère (Ω; i, j)? 
 
Désignons par (x, y) les (anciennes) coordonnées d'un point M du plan dans le repère (O; i, j)
 
Vectoriellement, on peut écrire OM=xi+yj et par (X, Y) les (nouvelles) coordonnées du même point M dans le repère (Ω; i, j)
 
De même, vectoriellement ΩM=Xi+Yj
 
La relation de Chasles OM=OΩ+ΩM donne par passage aux coordonnées 
 
{x=X+ay=Y+b ou encore {X=xaY=yb
 
qui sont les formules de changement de repère (par translation)

V Restriction et prolongement d'une fonction

   Soit f une fonction numérique de la variable réelle x.
On dit que f1 est une restriction de f sur un intervalle I de R si, et seulement si, IDf et xI, f1(x)=f(x)
la restriction de f sur peut être notée f/I

Exemple :

a) f(x)=|x24x|
 
Soit f1 la restriction de f sur [2; 0[
 
On a f1(x)=x24x
 
b) g(x)={x24xx21si x0x2+xsi x>0
 
Soient g1 et g2 les restrictions de g respectivement sur ]0; +[ et sur ]; 1[]1; 0] 
 
alors on a : g1(x)=x2+x et g2=x24xx21
 
   Soit f une fonction numérique de la variable réelle x définie sur I.
On dit que f1 est un prolongement de f sur un intervalle J de R si, et seulement si, IJ et xI, f(x)=f1(x)

Exemple :

h(x)=x2sin1x, Dh=R{0}
 
Soit h1(x)={x2sin1xsi x00si x=0
 
alors on a : I=R{0} et J=R
 
ainsi, h1 est un prolongement de h sur R
 

VI Parité et éléments de symétrie

VI.1 Parité d'une fonction

   On dit qu'une fonction f est paire si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
 
C1: si xDf alors xDf
 
C2:xDf; f(x)=f(x) 
 
   On dit qu'une fonction f est impaire si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
 
C1: si xDf alors xDf
 
C2:xDf; f(x)=f(x) 

Exemple : 

Étudier la parité des fonctions suivantes :
 
a) f(x)=x2
 
b) g(x)=xx21
 
c) h(x)=2xx24
 
d) k(x)=x2+1x2

Solution

a) On a Df=R
 
C1:xR alors xR
 
C2:xR; f(x)=(x)2=x2=f(x)
 
d'où f est paire
 
b) Dg=]; 1][1; +[
 
C1:
 
xDgx1 ou x1x1 ou x1xDg
 
C2:xDg; g(x)=(x)(x)21=xx21=g(x)
 
donc, g est impaire
 
c) Dh=R{2; 2}
 
C1:
 
xDhx2 et x2x2 et x2xDh
 
C2:xDh; h(x)=2(x)(x)24=2xx24=2xx24=h(x)
 
donc, h est impaire
 
d) Dk=R{2}
 
C1:2Dk or 2Dk,  donc k n'est ni paire ni impaire.

VI.2 Centre de symétrie - axe de symétrie

VI.2.1 Centre de symétrie

   On dit que S(ab) est centre de symétrie pour Cf si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
 
{C1: si xDf alors 2axDfC2:xDf, f(2ax)+f(x)=2b ou {C1: si axDf alors a+xDfC2:xDf, f(a+x)+f(ax)=2b
 
   On dit que S(ab) est centre de symétrie pour Cf si, et seulement si, l'expression de Cf dans le repère (S; i, j) est celle d'une fonction impaire.
 
Avec la formule de changement de repère, on aura {x=X+ay=Y+b

Exemple : 

Soit f la fonction définie par f(x)=2x25x2x3
 
Montrer que I(37) est le centre de symétrie.

Solution 

1er méthode :
 
On a : Df=R{3}
 
C1:
 
3xDf3x3x0x0x+333+xDf
 
C2:
 
f(3x)+f(3+x)=2(3x)25(3x)2(3x)3+2(3+x)25(3+x)2(3+x)3=2x212x+1815+5x2x+2x2+12x+18155x2x=2x2+7x1+2x2+7x+1x=14xx=14=2×7)
 
donc, I est centre de symétrie pour Cf
 
2em méthode :
 
Soit f(x)=2x25x2x3=y
 
En considérant le repère (I; i, j), on aura {x=X+3y=Y+7
 
Ce qui donne :
 
Y+7=2(X+3)25(X+3)2(X+3)3=2X2+12X+185X152X Y=2X2+12X+185X1527XX=2X2+1X
 
Y=2X2+1XX0
 
Sur (I; i, j), on a f(X)=2X2+1X
 
C1:
 
XDfX0X0XDf
 
C2:XDf; f(X)=2(X)2+1X=2X2+1X=2X2+1X=f(X)
 
donc, f est impaire ; d'où I est centre de symétrie.

VI.2.2 Axe de symétrie

   On dit que la droite d'équation x=a est axe de symétrie pour Cf si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
 
{C1: si xDf alors 2axDfC2:xDf, f(2ax)=f(x) ou {C1: si a+xDf alors axDfC2:xDf, f(a+x)=f(ax)
 
   On dit que x=a est un axe de symétrie pour Cf si, et seulement si, l'expression de Cf dans le repère (S; i, j)S(ab) est celle d'une fonction paire.

Exemple :

Soit f la fonction définie par f(x)=2x25x+1.
Montrer que sa courbe représentative  admet la droite d'équation x=54 comme axe de symétrie

Solution 

Df=R, donc xDf, 54+xDf et 54xDf
 
donc, C1 est vérifiée
 
pour la condition C2 on a :
 
f(54+x)=2(54+x)25(54+x)+1=258+5x+2x22545x+1=178+2x2
 
et
 
f(54x)=2(54x)25(54x)+1=2585x+2x2254+5x+1=178+2x2
 
Puisque f(54+x)=f(54x)xR; C2 est vérifiée.
 
Donc la droite d'équation x=54 est bien axe de symétrie pour Cf.

Remarques :

   Si f est paire, alors l'axe des ordonnées est un axe de symétrie.
 
Ainsi, pour étudier une fonction paire f, il suffit de l'étudier sur E=Df[0; +[.
 
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (Cf) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par symétrie par rapport à l'axe yOy.
  
   Si f est impaire, alors l'origine du repère (O) est le centre de symétrie.
 
Ainsi, pour étudier une fonction impaire f, il suffit de l'étudier sur E=Df[0; +[.
 
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (Cf) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par symétrie par rapport à l'origine O.
 
   Pour étudier une fonction admettant le point S(ab) comme centre de symétrie, il suffit de l'étudier sur E=Df[a; +[.
 
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (Cf) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par symétrie par rapport au point S(ab).
 
   Pour étudier une fonction admettant la droite d'équation x=a comme axe de symétrie de la courbe représentative de f, il suffit de l'étudier sur E=Df[a; +[.
 
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (Cf) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par symétrie par rapport à l'axe x=a.
 
   Pour un axe de symétrie, il est nécessaire que le repère soit orthogonal.
 
   Attention! La plupart des fonctions ne sont ni paires, ni impaires et donc n'admettent ni axe de symétrie, ni centre de symétrie.
 
   Toute fonction f définie sur une partie E de R admettant le point (O) pour centre de symétrie est la somme d'une fonction paire et d'une fonction impaire et cette décomposition est unique.
 
En effet : si f=g+hg est paire et h est impaire, on a
 
f(x)=g(x)+h(x) et f(x)=g(x)h(x)
 
d'où,
 
g(x)=12[f(x)+f(x)] et h(x)=12[f(x)f(x)]
 
Réciproquement, les fonctions g et h ainsi déterminées à partir de f sont respectivement paire et impaire et vérifient f=g+h.

Exemple :

Soit f la fonction définie sur R par f(x)=2x3+5x2x+1.
 
Cette fonction f est la somme 
 
  de la fonction g paire g:x5x2+1 
 
  et de la fonction h impaire h:x2x3x

VI.3 Périodicité

   On dit qu'une fonction f est périodique de période T si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
 
{C1: si xDf alors x+TDfC2:xDf, f(x+T)=f(x)
 
   Si T est une période pour f, tout multiple de T non nul (c'est-à-dire 2T, 3T, 4T...) est aussi une période pour f. Dans les cas usuels, l'une des périodes positives est plus petite que toutes les autres, c'est ce nombre qui est appelé plus précisément période de la fonction f et sera noté T (et par conséquent T doit être le plus petit possible)
 
   Pour ω0, on reconnait la période des fonctions trigonométriques suivantes :
 
  la fonction xcos(ωx+φ) admet pour période T=2π|ω|
 
  la fonction xsin(ωx+φ) admet pour période T=2π|ω|
 
  la fonction xtan(ωx+φ) admet pour période T=π|ω|

Exemple :

Déterminer les périodes des fonctions suivantes :
 
f(x)=sin2x, g(x)=sin(3x+π5), h(x)=cos(x3)
 
k(x)=4sin3x+5cos2x, m(x)=tan3x, κ(x)=cos2x

Solution 

la fonction f a pour période T=2π2=π
 
la fonction g a pour période T=2π3
 
la fonction h a pour période T=2π13=6π
 
la fonction k(x)=4sin3x+5cos2x est la somme de deux fonctions de périodes respectives T1=2π3 et T2=π
 
donc 3T1=2π et T2=π sont aussi des périodes respectives de sin3x et cos2x
 
alors le PPCM de 3T1 et de  T2 est à la fois période de sin3x et de cos2x
 
ainsi, T=PPCM(2π; π)=2π est la période de la fonction k
 
la fonction m a pour période T=π3
 
Pour déterminer la période de la fonction κ(x)=cos2x, il est nécessaire de linéariser cette expression trigonométrique, puisque cos2x=1+cos2x2, l fonction κ admet pour période T=2π2=π

Remarques :

Pour étudier une fonction f de période T, il suffit de l'envisager sur E=Df[α; α+T[ avec α réel quelconque.
 
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (C) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par les arcs de courbe qui s'en déduisent par les translations de vecteur ku avec kR et u(T0)

VII Variation d'une fonction

VII.1 Taux de variation

On appelle taux de variation d'une fonction f de x1 à x2 noté Tx2x1, le rapport entre (f(x2)f(x1)) et (x2x1)
 
On a Tx2x1=f(x2)f(x1)x2x1

Exemple :

Calculer les taux de variation des fonctions suivantes :
 
f(x)=x3, g(x)=x2, h(x)=x24x+4x1

Solution 

f(x)=x3, on a Df=R  et
 
Tx2x1=f(x2)f(x1)x2x1=x32x31x2x1=(x2x1)(x22+x2x1+x21)x2x1=x22+x2x1+x21
 
g(x)=x2, Dg=R
 
on a :
 
Tx2x1=f(x2)f(x1)x2x1=x22x21x2x1=(x2x1)(x2+x1)x2x1=x2+x1
 
h(x)=x24x+4x1, Dh=R{1}
 
on a :
 
Tx2x1=f(x2)f(x1)x2x1=x224x2+4x21x214x1+4x11x2x1=x1x224x2x1+4x1x22+4x24x21x2+4x2x14x2+x214x1+4(x21)(x11)(x2x1)=x1x22x22x21x2+x21(x21)(x11)(x2x1)=x1x2(x2x1)(x2x1)(x2+x1)(x21)(x11)(x2x1)=(x2x1)(x1x2x2x1)(x21)(x11)(x2x1)=x1x2x2x1(x21)(x11)=11(x21)(x11)

VII.2 Définition 

Soit I un intervalle de R
 
   On dit qu'une fonction f est croissante sur I si, et seulement si, x,yI;  si xyf(x)f(y) (ou si xyf(x)f(y))
 
 
   On dit qu'une fonction f est décroissante sur I si, et seulement si, x,yI;  si xyf(x)f(y) (ou si xyf(x)f(y))
 
 
   On dit qu'une fonction f est constante sur I si, et seulement si,  x,yI; f(x)=f(y)
 
 

VII.3 Propriétés

Soit I un intervalle de R; x1, x2I
 
Soit Tx2x1=f(x2)f(x1)x2x1 le taux de variation de x1 à x2, d'une fonction f.
 
   Si f est croissante () alors on a :
 
 si x1x2f(x1)f(x2) ou si x1x2f(x1)f(x2)
 
Ainsi, (x2x1) et (f(x2)) ont même signe
 
Donc,  Tx2x10
 
   Si f est décroissante () alors on a :
 
 si x1x2f(x1)f(x2) ou si x1x2f(x1)f(x2)
 
Ainsi, (x2x1) et (f(x2)f(x1)) sont toujours de signes contraires.
 
Donc, Tx2x10
 
En conclusion on a :
 
  Si Tx2x10 sur un intervalle I alors f est  sur I.
 
  Si Tx2x10 sur un intervalle I alors f est  sur I.

VII.4 Tableau de variation

a) Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x2.
 
Montrer que f sur [0; +[ et f sur ]; 0].
 
Soit Tx2x1=x2+x1
 
On a :
 
  sur [0; +[, x10 et x20
 
alors, x2+x10Tx2x10
 
donc, f est croissante sur [0; +[
 
  et sur ]; 0], x10 et x20 
 
alors, x2+x10Tx2x10
 
donc, f est décroissante sur ]; 0]
 
Enfin, les variations de f sont représentées dans le tableau ci-après, souvent appelé tableau des variations de f
 
x0+f0
 
b) Soit g la fonction définie sur R par g(x)=x24x+3.
 
Montrer que g sur [2; +[ et g sur ]; 2].
 
En effet,
 
Tx2x1=g(x2)g(x1)x2x1=x224x2+3x21+4x13x2x1=x22x214x2+4x1x2x1=(x2x1)(x2+x1)4(x2x1)x2x1=(x2x1)[(x2+x1)4]x2x1=x2+x14
 
donc, Tx2x1=x2+x14
 
ainsi, sur [2; +[, x12 et x22
 
alors x2+x140Tx2x10
 
d'où, g est croissante sur [2; +[
 
et sur ]; 2], x12 et x22
 
donc, x2+x140Tx2x10
 
d'où, g est décroissante sur ]; 2]
 
Enfin, les variations de g sont représentées dans le tableau ci-après
 
x2+g1

VIII Courbe d'une fonction - fonctions associées

VIII.1 Graphe de x2, 1x, x et de x3

Le graphe d'une fonction f est l'ensemble des points M(xy) du plan vérifiant xDf et y=f(x)
 
On note (Cf)={M(xy) tel que xDf et y=f(x)}
 
a) Soit f(x)=x2, Df=R
 
  Parité 
 
f est paire, alors l'axe des ordonnées est un axe de symétrie.
 
Donc on peut étudier f sur [0; +[. 
 
  Monotonie 
 
Soit Tx2x1=x2+x1
 
On a :
 
sur [0; +[, x10 et x20
 
alors x2+x10Tx2x10
 
donc f est croissante sur [0; +[
 
  Tableau de variation
 
x0+Tx2x1+f0
 
  Graphe

 
 
 
 
b) Soit g(x)=1x, Dg=R{0}
 
  Parité 
 
C1:
 
xDgx0x0xDg
 
C2:xDf; g(x)=1x=1x=g(x)
 
donc g est impaire ; d'où O est centre de symétrie.
 
Ainsi, on pourra étudier la fonction g sur ]0; +[. 
 
  Monotonie
 
On a
 
Tx2x1=g(x2)g(x1)x2x1=1x21x1x2x1=x1x2x1x2(x2x1)=(x2x1)x1x2(x2x1)=1x1x2
 
sur ]0; +[, x10 et x20
 
alors, x1x201x1x20
 
donc, Tx2x1=1x1x20
 
d'où, g est décroissante sur ]0; +[
 
  Tableau de variation
 
x0+Tx2x1g
 
  Graphe 

 
 
 
c) Soit h(x)=x3, Dh=R
 
  Parité 
 
h est impaire, donc le point O est centre de symétrie.
 
Ainsi, l'étude de h peut se faire sur [0; +[. 
 
  Monotonie 
 
Soit Tx2x1=x22+x2x1+x21
 
On a :
 
sur [0; +[, x10 et x20
 
alors, x22+x2x1+x210Tx2x10
 
donc, h est croissante sur [0; +[
 
  Tableau de variation
 
x0+Tx2x1+h0
 
  Graphe

 

 
d)  Soit k(x)=x, Dk=[0; +[. 
 
  Parité 
 
k n'est ni paire ni impaire ; la condition C1 n'est pas vérifiée. 
 
  Monotonie 
 
On a :
 
Tx2x1=k(x2)k(x1)x2x1=x2x1x22x21=x2x1(x2x1)(x2+x1)=1x2+x1
 
sur [0; +[, x10 et x20
 
alors, x2+x101x2+x10
 
donc, Tx2x10
 
d'où, k est croissante sur [0; +[
 
  Tableau de variation
 
x0+Tx2x1+k0
 
  Graphe 

 

 

VIII.2 Fonctions associées

Soit f une fonction définie sur une partie I de R.
 
Les fonctions g, h, k, m et définies par :
 
g(x)=f(x), h(x)=|f(x)|, k(x)=f(x)+a, m(x)=f(xa) et (x)=f(xa)+b sont appelées fonctions associées à f.
 
a) g(x)=f(x) 
 
Soient M(xf(x)) et M(xg(x)=f(x)) deux points du plan.
 
Alors M et M sont symétriques par rapport à l'axe des abscisses (xOx).
 
Donc Cg et  Cf sont symétriques par rapport à (xOx).
 
b) h(x)=|f(x)|
 
On a h(x)={f(x) si f(x)0Cg=Cff(x) si f(x)0Cg est symétrique de Cf par rapport à (xOx)
 
c) k(x)=f(x)+a
 
Soient M(xf(x)) et M(xf(x)+a) deux points du plan.
 
On a MM(0a)MM=a.j
 
donc M=ta.j(M)
 
Ainsi, Ck est l'image de Cf par la translation de vecteur a.j.
 
Par exemple, si k(x)=f(x)+2, alors Ck est l'image de Cf par la translation de vecteur 2j.
 
d) m(x)=f(xa)
 
Soient M(xf(x)) et M(x+am(x+a)=f(x)) deux points du plan.
 
On a MM(a0)MM=a.i
 
donc M=ta.i(M)
 
Ainsi, Cm est l'image de Cf par la translation de vecteur a.i.

Exemple :

m(x)=f(x2), donc Cm est l'image de Cf par la translation de vecteur 2i.
 
e) (x)=f(xa)+b
 
M(xaf(xa)) et M(xf(xa)+b) deux points donnés.
 
Alors MM(ab)MM=a.i+b.j
 
donc M est l'image de M par la translation de vecteur a.i+b.j; M=ta.i+b.j(M)
 
d'où, C est l'image de Cf par la translation de vecteur a.i+b.j.

Exemple 

Soit f la fonction définie sur R{1} par : f(x)=x3+2x21x1
Représenter Cg, Ch, Ck, Cm et Cf1  les courbes respectives des fonctions g, h, k, m et f1 définies par : 
 
g(x)=f(x), h(x)=|f(x)|, k(x)=f(x)+2, m(x)=f(x2) et f1(x)=f(x+1)+2

Solution


 
 

Auteur: 
Diny Faye & Seyni Ndiaye

Commentaires

J'aime ce site

Excellent travail

Ajouter un commentaire