Généralités sur les fonctions - 1er S
Classe:
Première
I Définition de fonctions et applications
I.1 Définition
⋅ Soient E et F deux ensembles, on appelle fonction toute relation qui associe à tout élément de E au plus un élément de F.

⋅ On appelle fonction d'une variable réelle à valeurs réelles une application qui à tout élément x d'une partie D de R associe un réel et un seul noté f(x)
− Le réel y=f(x) est appelé image de x par f
− x est un antécédent de y
− La partie D est appelée ensemble de définition de la fonction.
⋅ Soit f une fonction définie sur D, et E⊂D, alors f(E) désigne l'ensemble des images des éléments de E.
Notation
f:D⟶Rx⟼f(x)
I.2 Ensemble de définition
Soit f une fonction d'une variable réelle x, on appelle ensemble de définition de f l'ensemble noté Df={x∈R/f(x) existe }
Exemple 1 :
La fonction identité x⟼x est définie sur D=R
La fonction élévation au carré x⟼x2 est définie sur D=R
La fonction inverse x⟼1x est définie sur D=R∗=R∖{0}
La fonction racine carré x⟼√x est définie sur D=R+=[0;+∞[
Exemple 2 :
Déterminer l'ensemble de définition des fonctions suivantes.
a) f(x)=x2−5x
b) g(x)=√x2−4x+3
c) h(x)=2x+1x2−4
d) k(x)={2x+1x2−1si x<0√x2−xx−9si x≥0
Solution
a) Nous savons que x2−5x est un polynôme de degré deux, donc ∀x∈R; x2−5x existe.
Ainsi, Df=R
b) On a g(x) existe si, et seulement si, x2−4x+3≥0.
Soit le trinôme du second degré suivant : x2−4x+3
On a Δ=b2−4ac=16−12=4
Δ>0 donc le trinôme admet deux racines distinctes x1 et x2 telles que x1=4−22=1 et x2=4+22=3.
Ainsi, le trinôme est du signe de a à l'extérieur des racines et du signe de −a à l'intérieur.
a étant positif, donc x2−4x+3≥0 sur ]−∞; 1]∪[3; +∞[.
D'où, Dg=]−∞; 1]∪[3; +∞[
c) On a :
h(x) existe ⇔x2−4≠0⇔(x−2)(x+2)≠0⇔x≠2 ou x≠−2
D'où, Dh=R∖{−2; 2}
d) Pour x<0, k1(x)=2x+1x2−1
on a :
k(x) existe ⇔x2−1≠0⇔(x−1)(x+1)≠0⇔x≠1 ou x≠−1
donc, Dk1=]−∞; −1[∪]−1; 0[
pour x≥0, k2(x)=√x2−xx−9
on a
k(x) existe ⇔x2−x≥0 et x−9≠0⇔x(x−1)≥0 et x≠9⇔x≥1 et x≠9
donc, Dk2={0}∪[1; 9[∪]9; +∞[
D'où, Dk=Dk1∪Dk2=]−∞; 0]∪[1; +∞[∖{−1; 9}
Remarque :
Il ne faut pas confondre f appelé fonction ; avec f(x) (désigné aussi par y) qui est le réel associé par f à un élément donné x.
I.3 Courbe représentative d'une fonction
Soit f une fonction définie sur Df
La courbe représentative de f notée Cf dans un repère est l'ensemble des points M(x,f(x)) avec x∈Df
On dit que y=f(x) est une équation de cette courbe dans le repère considéré.
On note
{M(xy) tel que x∈Df et y=f(x)}
I.4 Application
I.4.1 Définition
On appelle application de A vers B toute relation de A vers B qui associe tout élément de A, un et un seul élément de B.

Remarque :
f:I⟶Rx⟼f(x)
Pour que f soit une application il faudrait que I⊂Df.
Toute application est une fonction. La réciproque est fausse.
I.4.2 Applications injectives, surjectives, bijectives
a) Application injective ou injection
Une application f:E⟶F est dite injective si, et seulement si, deux éléments différents de l'ensemble de points E ont des images différentes dans F.
Remarque :
Une application f:E⟶F n'est pas injective s'il y a deux éléments différents de E qui ont la même image dans F.
b) Théorème de caractérisation de l'injection
Une application f:E⟶F est dite injective si, et seulement si, x≠x′⇒f(x)≠f(x′)
ou encore f est dite injection si, et seulement si, f(x)=f(x′)⇒x=x′
Exemple :
f:[1; +∞[⟶Rx⟼x2
Soient x et x′ dans [1; +∞[, alors
f(x)=f(x′)⇒x2=x′2⇒x=x′
d'où f est injective
c) Application surjective ou surjection
Une application f:E⟶F est dite surjective si, et seulement si, ∀y∈F, ∃x∈E tel que f(x)=y
Exemple :
f:R⟶Rx⟼x2
f n'est pas surjective car si y<0, alors on aura x2=y<0 ; ce qui est impossible.
g:[1; +∞[⟶Rx⟼x2−4
g(x)=y⇔x2−4=y⇔y+4=x2impossible si, y<−4
g(x)=−7⇔x2−4=−7⇔x2=−3impossible
donc g n'est pas surjective
h:R∖{2}⟶R∖{1}x⟼x+1x−2
h(x)=y⇔x+1x−2=y⇔x+1=yx−2y⇔x−yx=−1−2y⇔x(1−y)=−1−2y⇔x=−1−2y1−y=1+2yy−1 avec y≠1
donc h est surjective
d) Application bijective ou bijection
Soit f une application de A vers B
f:A⟶Bx⟼f(x)=y
f est dite bijective si f est à la fois injective et surjective.

e) Théorème de caractérisation
Une application f:A⟶B est bijective si, et seulement si, ∀y∈B, il existe un unique x∈A tel que f(x)=y
Si f est bijective, alors elle admet une bijection réciproque que l'on note f−1 qui va de B vers A.

f(x)=y si, et seulement si, x=f−1(y)
II Opérations sur les fonctions
II.1 Égalité de deux fonctions
Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur Df et Dg
On dit que les deux fonction f et g sont égales si, et seulement si, Df=Dg et ∀x∈Df, f(x)=g(x)
f=g⇔{Df=Dg∀x∈Df,f(x)=g(x)
II.2 Somme de deux fonctions
Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur Df et Dg
On définit sur D=Df∩Dg la somme f+g par
∀x∈D, f+g:x⟼f(x)+g(x)
On peut aussi écrire
∀x∈D, (f+g)(x)=f(x)+g(x)
Exemple :
soit f:x⟼1x+2 et g:x⟼1x−2 deux fonctions définies sur l'intervalle ]−2; 2[
La somme f+g:x⟼1x+2+1x−2=x−2+x+2(x+2)(x−2)=2xx2−4 est définie sur ]−2; 2[
II.3 Produit d'une fonction par un réel
f une fonction définie sur D et pour tout réel k, le produit d'un réel k par la fonction f est noté : kf et se définit par
∀k∈R, ∀x∈D, kf:x⟼kf(x)
On peut aussi écrire le produit kf d'un réel k par une fonction f
∀k∈R, ∀x∈D, (kf)(x)=kf(x)
II.4 Produit de deux fonctions
On définit sur D=Df∩Dg le produit fg par ∀x∈D, fg:x⟼f(x)g(x)
On peut aussi écrire ∀x∈D, (fg)(x)=f(x)g(x)
Exemple :
soit f:x⟼1x et g:x⟼1x−1 deux fonctions définies sur l'intervalle ]0; 1[
Le produit fg:x⟼1x.1x−1=1x(x−1) est définie sur ]0; 1[
Remarque :
Le produit fg peut donner une fonction nulle sans qu'aucune des deux fonctions f et g soit identiquement nulle.
Exemple :
f:x⟼{0six∈[0; 1]xsix∈[1; 2] et g:x⟼{xsix∈[0; 1]0six∈[1; 2]
Le produit fgx⟼0 si x∈[0; 2] est la fonction nulle sur [0; 2] bien que ni f ni g ne soit la fonction nulle.
II.5 Quotient de deux fonctions
On définit sur D=Df∩Dg, le quotient fg tel que pour tout x de D tel que g(x)≠0 par
fg:x⟼f(x)g(x)
On peut aussi écrire
∀x∈D; g(x)≠0, (fg)(x)=f(x)g(x)
Exemple :
soit f:x⟼1x+1 et g:x⟼1x−1 deux fonctions définies sur l'intervalle ]−1; 1[
Le quotient fg:x⟼1x+11x−1=x−1x+1 est définie sur ]−1; 1[
Remarque :
Le quotient fg:x⟼x−1x+1 est même définie sur ]−1; 1]
III Composition de deux fonctions
Soient f et g deux fonctions numériques de la variable x∈R définies respectivement sur Df et Dg.
Soit D l'ensemble des éléments x de Df tels que f(x)∈Dg.
La composée g∘f ("g rond f") est la fonction numérique, d'ensemble de définition D, définie par (g∘f)(x)=g[f(x)] (on remplace x par l'expression de f(x) dans g(x)).
Dans l'écriture g∘f la première application est f et la seconde est g.
De même, (f∘g)(x)=f[g(x)] (on remplace x par l'expression de g(x) dans f(x)).
On a :
(g∘f)(x)=g[f(x)]∃⇔{x∈Dff(x)∈Dg
(f∘g)(x)=f[g(x)]∃⇔{x∈Dgg(x)∈Df
Exemple :
Soit f:x⟼x2−1 et g:x⟼1x
On a Df=R et Dg=R∗=R∖{0}
Pour tout x∈Df=R tel que f(x)≠0 c'est-à-dire pour x2−1≠0 ou encore pour x∈D=R∖{−1; 1}, la composée g∘f des deux applications f et g est
(g∘f)(x)=g[f(x)]=g[(x2−1)]=1x2−1
g∘f:R∖{−1; 1}⟶Rx⟼1x2−1
Exemple :
Soit :
f:]−1; 1]⟶Rx⟼1−x1+x
Calculons f∘f=f2
On a : ∀x∈]−1; 1]
f2(x)=(f∘f)(x)=f[1−x1+x]=1−1−x1+x1+1−x1+x=1+x−1+x1+x1+x+1−x1+x=x
et donc,
f2:]−1; 1]⟶Rx⟼x
Propriété :
La composition des applications est associatives (h∘g)∘f=h∘(g∘f) mais attention! elle n'est pas commutative g∘f≠f∘g
Exemple :
Soit :
f:R⟶Rx⟼2x+3
et
g:R⟶Rx⟼x2
alors, ∀x∈R, (g∘f)(x)=g[2x+3]=(2x+3)2=4x2+12x+9
et ∀x∈R, (f∘g)(x)=f[x2]=2x2+3
et donc,
g∘f:R⟶Rx⟼4x2+12x+9
et
f∘g:R⟶Rx⟼2x2+3
Par conséquent, g∘f≠f∘g (même si les deux composée existent)
Attention !
Il ne faut pas confondre le produit de deux fonctions et la composition de ces deux fonctions.
Exemple :
Considérons les deux fonctions f:x⟼x−1 et g:x⟼1x2+1 , ces deux fonctions sont définies sur D=R
La fonction produit fg est la fonction
fg:x⟼x−1x2+1
La fonction composée g∘f est la fonction
(g∘f)(x)=g[f(x)]=g[(x−1)]=1(x−1)2+1
Soit g∘f:x⟼1x2−2x+2
IV Les formules de changement de repère (par translation)
Le plan est muni d'un repère (O; →i, →j) et Cf est la courbe représentative de y=f(x) dans ce repère.
Soit Ω le point de coordonnées (a,b) dans le repère (O; →i, →j).
Alors, →OΩ=a→i+b→j
Quelle est l'équation de la courbe Cf dans le nouveau repère (Ω; →i, →j)?
Désignons par (x, y) les (anciennes) coordonnées d'un point M du plan dans le repère (O; →i, →j)
Vectoriellement, on peut écrire →OM=x→i+y→j et par (X, Y) les (nouvelles) coordonnées du même point M dans le repère (Ω; →i, →j)
De même, vectoriellement →ΩM=X→i+Y→j
La relation de Chasles →OM=→OΩ+→ΩM donne par passage aux coordonnées
{x=X+ay=Y+b ou encore {X=x−aY=y−b
qui sont les formules de changement de repère (par translation)
V Restriction et prolongement d'une fonction
⋅ Soit f une fonction numérique de la variable réelle x.
On dit que f1 est une restriction de f sur un intervalle I de R si, et seulement si, I⊂Df et ∀x∈I, f1(x)=f(x)
la restriction de f sur peut être notée f/I
Exemple :
a) f(x)=|x2−4x|
Soit f1 la restriction de f sur [−2; 0[
On a f1(x)=x2−4x
b) g(x)={x2−4xx2−1si x≤0√x2+xsi x>0
Soient g1 et g2 les restrictions de g respectivement sur ]0; +∞[ et sur ]−∞; −1[∪]−1; 0]
alors on a : g1(x)=√x2+x et g2=x2−4xx2−1
⋅ Soit f une fonction numérique de la variable réelle x définie sur I.
On dit que f1 est un prolongement de f sur un intervalle J de R si, et seulement si, I⊂J et ∀x∈I, f(x)=f1(x)
Exemple :
h(x)=x2sin1x, Dh=R∖{0}
Soit h1(x)={x2sin1xsi x≠00si x=0
alors on a : I=R∖{0} et J=R
ainsi, h1 est un prolongement de h sur R
VI Parité et éléments de symétrie
VI.1 Parité d'une fonction
⋅ On dit qu'une fonction f est paire si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
C1: si x∈Df alors −x∈Df
C2:∀x∈Df; f(−x)=f(x)
⋅ On dit qu'une fonction f est impaire si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
C1: si x∈Df alors −x∈Df
C2:∀x∈Df; f(−x)=−f(x)
Exemple :
Étudier la parité des fonctions suivantes :
a) f(x)=x2
b) g(x)=x√x2−1
c) h(x)=2xx2−4
d) k(x)=x2+1x−2
Solution
a) On a Df=R
C1:x∈R alors −x∈R
C2:∀x∈R; f(−x)=(−x)2=x2=f(x)
d'où f est paire
b) Dg=]−∞; −1]∪[1; +∞[
C1:
x∈Dg⇒x≤−1 ou x≥1⇒−x≥1 ou −x≤−1⇒−x∈Dg
C2:∀x∈Dg; g(−x)=(−x)√(−x)2−1=−x√x2−1=−g(x)
donc, g est impaire
c) Dh=R∖{−2; 2}
C1:
x∈Dh⇒x≠−2 et x≠2⇒−x≠2 et −x≠−2⇒−x∈Dh
C2:∀x∈Dh; h(−x)=2(−x)(−x)2−4=−2xx2−4=−2xx2−4=−h(x)
donc, h est impaire
d) Dk=R∖{2}
C1:−2∈Dk or 2∉Dk, donc k n'est ni paire ni impaire.
VI.2 Centre de symétrie - axe de symétrie
VI.2.1 Centre de symétrie
⋅ On dit que S(ab) est centre de symétrie pour Cf si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
{C1: si x∈Df alors 2a−x∈DfC2:∀x∈Df, f(2a−x)+f(x)=2b ou {C1: si a−x∈Df alors a+x∈DfC2:∀x∈Df, f(a+x)+f(a−x)=2b
⋅ On dit que S(ab) est centre de symétrie pour Cf si, et seulement si, l'expression de Cf dans le repère (S; →i, →j) est celle d'une fonction impaire.
Avec la formule de changement de repère, on aura {x=X+ay=Y+b
Exemple :
Soit f la fonction définie par f(x)=2x2−5x−2x−3
Montrer que I(37) est le centre de symétrie.
Solution
1er méthode :
On a : Df=R∖{3}
C1:
3−x∈Df⇒3−x≠3⇒−x≠0⇒x≠0⇒x+3≠3⇒3+x∈Df
C2:
f(3−x)+f(3+x)=2(3−x)2−5(3−x)−2(3−x)−3+2(3+x)2−5(3+x)−2(3+x)−3=2x2−12x+18−15+5x−2−x+2x2+12x+18−15−5x−2x=−2x2+7x−1+2x2+7x+1x=14xx=14=2×7)
donc, I est centre de symétrie pour Cf
2em méthode :
Soit f(x)=2x2−5x−2x−3=y
En considérant le repère (I; →i, →j), on aura {x=X+3y=Y+7
Ce qui donne :
Y+7=2(X+3)2−5(X+3)−2(X+3)−3=2X2+12X+18−5X−15−2X⇒ Y=2X2+12X+18−5X−15−2−7XX=2X2+1X
Y=2X2+1X∃⇔X≠0
Sur (I; →i, →j), on a f(X)=2X2+1X
C1:
X∈Df⇒X≠0⇒−X≠0⇒−X∈Df
C2:∀X∈Df; f(−X)=2(−X)2+1−X=2X2+1−X=−2X2+1X=−f(X)
donc, f est impaire ; d'où I est centre de symétrie.
VI.2.2 Axe de symétrie
⋅ On dit que la droite d'équation x=a est axe de symétrie pour Cf si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
{C1: si x∈Df alors 2a−x∈DfC2:∀x∈Df, f(2a−x)=f(x) ou {C1: si a+x∈Df alors a−x∈DfC2:∀x∈Df, f(a+x)=f(a−x)
⋅ On dit que x=a est un axe de symétrie pour Cf si, et seulement si, l'expression de Cf dans le repère (S; →i, →j) où S(ab) est celle d'une fonction paire.
Exemple :
Soit f la fonction définie par f(x)=2x2−5x+1.
Montrer que sa courbe représentative admet la droite d'équation x=54 comme axe de symétrie
Solution
Df=R, donc ∀x∈Df, 54+x∈Df et 54−x∈Df
donc, C1 est vérifiée
pour la condition C2 on a :
f(54+x)=2(54+x)2−5(54+x)+1=258+5x+2x2−254−5x+1=−178+2x2
et
f(54−x)=2(54−x)2−5(54−x)+1=258−5x+2x2−254+5x+1=−178+2x2
Puisque f(54+x)=f(54−x)∀x∈R; C2 est vérifiée.
Donc la droite d'équation x=54 est bien axe de symétrie pour Cf.
Remarques :
⋅ Si f est paire, alors l'axe des ordonnées est un axe de symétrie.
Ainsi, pour étudier une fonction paire f, il suffit de l'étudier sur E=Df∩[0; +∞[.
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (Cf) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par symétrie par rapport à l'axe y′Oy.
⋅ Si f est impaire, alors l'origine du repère (O) est le centre de symétrie.
Ainsi, pour étudier une fonction impaire f, il suffit de l'étudier sur E=Df∩[0; +∞[.
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (Cf) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par symétrie par rapport à l'origine O.
⋅ Pour étudier une fonction admettant le point S(ab) comme centre de symétrie, il suffit de l'étudier sur E=Df∩[a; +∞[.
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (Cf) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par symétrie par rapport au point S(ab).
⋅ Pour étudier une fonction admettant la droite d'équation x=a comme axe de symétrie de la courbe représentative de f, il suffit de l'étudier sur E=Df∩[a; +∞[.
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (Cf) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par symétrie par rapport à l'axe x=a.
⋅ Pour un axe de symétrie, il est nécessaire que le repère soit orthogonal.
⋅ Attention! La plupart des fonctions ne sont ni paires, ni impaires et donc n'admettent ni axe de symétrie, ni centre de symétrie.
⋅ Toute fonction f définie sur une partie E de R admettant le point (O) pour centre de symétrie est la somme d'une fonction paire et d'une fonction impaire et cette décomposition est unique.
En effet : si f=g+h où g est paire et h est impaire, on a
f(x)=g(x)+h(x) et f(−x)=g(x)−h(x)
d'où,
g(x)=12[f(x)+f(−x)] et h(x)=12[f(x)−f(−x)]
Réciproquement, les fonctions g et h ainsi déterminées à partir de f sont respectivement paire et impaire et vérifient f=g+h.
Exemple :
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=2x3+5x2−x+1.
Cette fonction f est la somme
− de la fonction g paire g:x⟼5x2+1
− et de la fonction h impaire h:x⟼−2x3−x
VI.3 Périodicité
⋅ On dit qu'une fonction f est périodique de période T si, et seulement si, les deux conditions suivantes sont vérifiées
{C1: si x∈Df alors x+T∈DfC2:∀x∈Df, f(x+T)=f(x)
⋅ Si T est une période pour f, tout multiple de T non nul (c'est-à-dire 2T, 3T, 4T...) est aussi une période pour f. Dans les cas usuels, l'une des périodes positives est plus petite que toutes les autres, c'est ce nombre qui est appelé plus précisément période de la fonction f et sera noté T (et par conséquent T doit être le plus petit possible)
⋅ Pour ω≠0, on reconnait la période des fonctions trigonométriques suivantes :
− la fonction x⟼cos(ωx+φ) admet pour période T=2π|ω|
− la fonction x⟼sin(ωx+φ) admet pour période T=2π|ω|
− la fonction x⟼tan(ωx+φ) admet pour période T=π|ω|
Exemple :
Déterminer les périodes des fonctions suivantes :
f(x)=sin2x, g(x)=sin(3x+π5), h(x)=cos(x3)
k(x)=4sin3x+5cos2x, m(x)=tan3x, κ(x)=cos2x
Solution
la fonction f a pour période T=2π2=π
la fonction g a pour période T=2π3
la fonction h a pour période T=2π13=6π
la fonction k(x)=4sin3x+5cos2x est la somme de deux fonctions de périodes respectives T1=2π3 et T2=π
donc 3T1=2π et T2=π sont aussi des périodes respectives de sin3x et cos2x
alors le PPCM de 3T1 et de T2 est à la fois période de sin3x et de cos2x
ainsi, T=PPCM(2π; π)=2π est la période de la fonction k
la fonction m a pour période T=π3
Pour déterminer la période de la fonction κ(x)=cos2x, il est nécessaire de linéariser cette expression trigonométrique, puisque cos2x=1+cos2x2, l fonction κ admet pour période T=2π2=π
Remarques :
Pour étudier une fonction f de période T, il suffit de l'envisager sur E=Df∩[α; α+T[ avec α réel quelconque.
Si (Cf1) est la courbe représentative de la restriction de f à E, la courbe (C) représentant les variations de la fonction f, s'obtient en complétant (Cf1) par les arcs de courbe qui s'en déduisent par les translations de vecteur k→u avec k∈R et →u(T0)
VII Variation d'une fonction
VII.1 Taux de variation
On appelle taux de variation d'une fonction f de x1 à x2 noté Tx2x1, le rapport entre (f(x2)−f(x1)) et (x2−x1)
On a Tx2x1=f(x2)−f(x1)x2−x1
Exemple :
Calculer les taux de variation des fonctions suivantes :
f(x)=x3, g(x)=x2, h(x)=x2−4x+4x−1
Solution
f(x)=x3, on a Df=R et
Tx2x1=f(x2)−f(x1)x2−x1=x32−x31x2−x1=(x2−x1)(x22+x2x1+x21)x2−x1=x22+x2x1+x21
g(x)=x2, Dg=R
on a :
Tx2x1=f(x2)−f(x1)x2−x1=x22−x21x2−x1=(x2−x1)(x2+x1)x2−x1=x2+x1
h(x)=x2−4x+4x−1, Dh=R∖{1}
on a :
Tx2x1=f(x2)−f(x1)x2−x1=x22−4x2+4x2−1−x21−4x1+4x1−1x2−x1=x1x22−4x2x1+4x1−x22+4x2−4−x21x2+4x2x1−4x2+x21−4x1+4(x2−1)(x1−1)(x2−x1)=x1x22−x22−x21x2+x21(x2−1)(x1−1)(x2−x1)=x1x2(x2−x1)−(x2−x1)(x2+x1)(x2−1)(x1−1)(x2−x1)=(x2−x1)(x1x2−x2−x1)(x2−1)(x1−1)(x2−x1)=x1x2−x2−x1(x2−1)(x1−1)=1−1(x2−1)(x1−1)
VII.2 Définition
Soit I un intervalle de R
⋅ On dit qu'une fonction f est croissante sur I si, et seulement si, ∀x,y∈I; si x≤y⇒f(x)≤f(y) (ou si x≥y⇒f(x)≥f(y))

⋅ On dit qu'une fonction f est décroissante sur I si, et seulement si, ∀x,y∈I; si x≤y⇒f(x)≥f(y) (ou si x≥y⇒f(x)≤f(y))

⋅ On dit qu'une fonction f est constante sur I si, et seulement si, ∀x,y∈I; f(x)=f(y)

VII.3 Propriétés
Soit I un intervalle de R; x1, x2∈I
Soit Tx2x1=f(x2)−f(x1)x2−x1 le taux de variation de x1 à x2, d'une fonction f.
⋅ Si f est croissante (↗) alors on a :
si x1≤x2⇒f(x1)≤f(x2) ou si x1≥x2⇒f(x1)≥f(x2)
Ainsi, (x2−x1) et (f(x2)) ont même signe
Donc, Tx2x1≥0
⋅ Si f est décroissante (↘) alors on a :
si x1≤x2⇒f(x1)≥f(x2) ou si x1≥x2⇒f(x1)≤f(x2)
Ainsi, (x2−x1) et (f(x2)−f(x1)) sont toujours de signes contraires.
Donc, Tx2x1≤0
En conclusion on a :
− Si Tx2x1≥0 sur un intervalle I alors f est ↗ sur I.
− Si Tx2x1≤0 sur un intervalle I alors f est ↘ sur I.
VII.4 Tableau de variation
a) Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x2.
Montrer que f↗ sur [0; +∞[ et f↘ sur ]−∞; 0].
Soit Tx2x1=x2+x1
On a :
− sur [0; +∞[, x1≥0 et x2≥0
alors, x2+x1≥0⇒Tx2x1≥0
donc, f est croissante sur [0; +∞[
− et sur ]−∞; 0], x1≤0 et x2≤0
alors, x2+x1≤0⇒Tx2x1≤0
donc, f est décroissante sur ]−∞; 0]
Enfin, les variations de f sont représentées dans le tableau ci-après, souvent appelé tableau des variations de f
x−∞0+∞f↘↗0
b) Soit g la fonction définie sur R par g(x)=x2−4x+3.
Montrer que g↗ sur [2; +∞[ et g↘ sur ]−∞; 2].
En effet,
Tx2x1=g(x2)−g(x1)x2−x1=x22−4x2+3−x21+4x1−3x2−x1=x22−x21−4x2+4x1x2−x1=(x2−x1)(x2+x1)−4(x2−x1)x2−x1=(x2−x1)[(x2+x1)−4]x2−x1=x2+x1−4
donc, Tx2x1=x2+x1−4
ainsi, sur [2; +∞[, x1≥2 et x2≥2
alors x2+x1−4≥0⇒Tx2x1≥0
d'où, g est croissante sur [2; +∞[
et sur ]−∞; 2], x1≤2 et x2≤2
donc, x2+x1−4≤0⇒Tx2x1≤0
d'où, g est décroissante sur ]−∞; 2]
Enfin, les variations de g sont représentées dans le tableau ci-après
x−∞2+∞g↘↗−1
VIII Courbe d'une fonction - fonctions associées
VIII.1 Graphe de x2, 1x, √x et de x3
Le graphe d'une fonction f est l'ensemble des points M(xy) du plan vérifiant x∈Df et y=f(x)
On note (Cf)={M(xy) tel que x∈Df et y=f(x)}
a) Soit f(x)=x2, Df=R
− Parité
f est paire, alors l'axe des ordonnées est un axe de symétrie.
Donc on peut étudier f sur [0; +∞[.
− Monotonie
Soit Tx2x1=x2+x1
On a :
sur [0; +∞[, x1≥0 et x2≥0
alors x2+x1≥0⇒Tx2x1≥0
donc f est croissante sur [0; +∞[
− Tableau de variation
x0+∞Tx2x1+f↗0
− Graphe

b) Soit g(x)=1x, Dg=R∖{0}
− Parité
C1:
x∈Dg⇒x≠0⇒−x≠0⇒−x∈Dg
C2:∀x∈Df; g(−x)=1−x=−1x=−g(x)
donc g est impaire ; d'où O est centre de symétrie.
Ainsi, on pourra étudier la fonction g sur ]0; +∞[.
− Monotonie
On a
Tx2x1=g(x2)−g(x1)x2−x1=1x2−1x1x2−x1=x1−x2x1x2(x2−x1)=−(x2−x1)x1x2(x2−x1)=−1x1x2
sur ]0; +∞[, x1≥0 et x2≥0
alors, x1x2≥0⇒1x1x2≥0
donc, Tx2x1=−1x1x2≤0
d'où, g est décroissante sur ]0; +∞[
− Tableau de variation
x0+∞Tx2x1−g↘
− Graphe

c) Soit h(x)=x3, Dh=R
− Parité
h est impaire, donc le point O est centre de symétrie.
Ainsi, l'étude de h peut se faire sur [0; +∞[.
− Monotonie
Soit Tx2x1=x22+x2x1+x21
On a :
sur [0; +∞[, x1≥0 et x2≥0
alors, x22+x2x1+x21≥0⇒Tx2x1≥0
donc, h est croissante sur [0; +∞[
− Tableau de variation
x0+∞Tx2x1+h↗0
− Graphe

d) Soit k(x)=√x, Dk=[0; +∞[.
− Parité
k n'est ni paire ni impaire ; la condition C1 n'est pas vérifiée.
− Monotonie
On a :
Tx2x1=k(x2)−k(x1)x2−x1=√x2−√x1√x22−√x21=√x2−√x1(√x2−√x1)(√x2+√x1)=1√x2+√x1
sur [0; +∞[, x1≥0 et x2≥0
alors, √x2+√x1≥0⇒1√x2+√x1≥0
donc, Tx2x1≥0
d'où, k est croissante sur [0; +∞[
− Tableau de variation
x0+∞Tx2x1+k↗0
− Graphe

VIII.2 Fonctions associées
Soit f une fonction définie sur une partie I de R.
Les fonctions g, h, k, m et ℓ définies par :
g(x)=−f(x), h(x)=|f(x)|, k(x)=f(x)+a, m(x)=f(x−a) et ℓ(x)=f(x−a)+b sont appelées fonctions associées à f.
a) g(x)=−f(x)
Soient M(xf(x)) et M′(xg(x)=−f(x)) deux points du plan.
Alors M et M′ sont symétriques par rapport à l'axe des abscisses (x′Ox).
Donc Cg et Cf sont symétriques par rapport à (x′Ox).
b) h(x)=|f(x)|
On a h(x)={f(x) si f(x)≥0⇒Cg=Cf−f(x) si f(x)≤0⇒Cg est symétrique de Cf par rapport à (x′Ox)
c) k(x)=f(x)+a
Soient M(xf(x)) et M′(xf(x)+a) deux points du plan.
On a →MM′(0a)⇒→MM′=a.→j
donc M′=ta.→j(M)
Ainsi, Ck est l'image de Cf par la translation de vecteur a.→j.
Par exemple, si k(x)=f(x)+2, alors Ck est l'image de Cf par la translation de vecteur 2→j.
d) m(x)=f(x−a)
Soient M(xf(x)) et M′(x+am(x+a)=f(x)) deux points du plan.
On a →MM′(a0)⇒→MM′=a.→i
donc M′=ta.→i(M)
Ainsi, Cm est l'image de Cf par la translation de vecteur a.→i.
Exemple :
m(x)=f(x−2), donc Cm est l'image de Cf par la translation de vecteur 2→i.
e) ℓ(x)=f(x−a)+b
M(x−af(x−a)) et M′(xf(x−a)+b) deux points donnés.
Alors →MM′(ab)⇒→MM′=a.→i+b.→j
donc M′ est l'image de M par la translation de vecteur a.→i+b.→j; M′=ta.→i+b.→j(M)
d'où, Cℓ est l'image de Cf par la translation de vecteur a.→i+b.→j.
Exemple
Soit f la fonction définie sur R∖{1} par : f(x)=x3+2x2−1x−1
Représenter Cg, Ch, Ck, Cm et Cf1 les courbes respectives des fonctions g, h, k, m et f1 définies par :
g(x)=−f(x), h(x)=|f(x)|, k(x)=f(x)+2, m(x)=f(x−2) et f1(x)=f(x+1)+2
Solution

Auteur:
Diny Faye & Seyni Ndiaye
Commentaires
Mor talla Cissé (non vérifié)
jeu, 09/05/2019 - 20:19
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J'aime ce site
Anonyme (non vérifié)
jeu, 12/09/2021 - 23:36
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Excellent travail
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