La réponse immunitaire - Ts

Classe: 
Terminale
Thème: 
10 Immunologie
Chapitre: 
22
 

Introduction

Face aux différents agresseurs, l'organisme possède deux systèmes de défenses : un système de défense spécifique et un système de défense non spécifique

I. Le mécanisme de la réponse non spécifique

C'est une défense indépendante de la nature de l'antigène ; elle est la même quel que soit l'envahisseur.

I.1 Les facteurs tissulaires

Ils constituent la première ligne contre les substances étrangères. 
 
Ce sont les tissus de revêtement (peau, muqueuses) et leurs produits de sécrétions (sueur, mucus).

I.2 Les facteurs cellulaires

I.2.1 La réaction inflammatoire

 
 
A la Suite d'une piqûre ou d'une blessure, des microbes parviennent à franchir les barrières de l'organisme (peau et muqueuses), on peut observer des aspects cliniques (signes) de la réaction inflammatoire. 
 
Ces réactions locales, vasculaires et cellulaires se traduisent dans la zone d'invasion par :
 
$\surd\ $ Une rougeur et une chaleur liées à la dilatation des capillaires sanguins.
 
$\surd\ $ Une tuméfaction due à la sortie du plasma dans les tissus.
 
$\surd\ $ Une douleur due à l'excitation de certaines terminaisons nerveuses.
 
L'inflammation est un phénomène qui prépare la réparation des tissus lésés et qui oriente les éléments actifs du système immunitaire vers les lieux de l'infection.

I.2.2 La phagocytose 

 
 
Elle est l'œuvre de cellules spécialisées appelées phagocytes : les macrophages (dans les tissus), les granulocytes et les monocytes (dans le sang). 
 
Ces phagocytes sont attirés par chimiotactisme et traversent les parois des capillaires par diapédèse (propriétés qu'ont les leucocytes à traverser la paroi des vaisseaux capillaires). 
 
Durant ce phénomène, un phagocyte adhère à la paroi d'un élément (bactérie...) reconnu comme corps étranger. 
 
La membrane du phagocyte se déforme formant des pseudopodes qui piègent l'élément étranger dans une vésicule appelée phagosome. 
 
D'autres vésicules provenant de l'appareil de Golgi s'accolent au phagosome pour y déverser des enzymes hydrolytiques. 
 
L'élément étranger est alors digéré et les déchets sont rejetés à l'extérieur par un phénomène d'exocytose.

I.3 Les facteurs humoraux

I.3.1 Le système du complément 

 
 
Il est constitué d'une vingtaine de protéines plasmatiques circulantes inactivées hors infection et qui sont activées en cascade au contact d'antigènes ou en présence d'anticorps.
 
Les fonctions du complément sont multiples :
 
$-\ $ La formation (lors de son activation) d'un complexe d'attaque membranaire ou complexe lytique capable de percer les enveloppes des microbes (bactéries...), provoquant leur éclatement par pénétration d'eau
 
 
$-\ $ Il facilite la phagocytose : en se fixant sur les cellules  étrangères, il est reconnu par  les récepteurs membranaires des phagocytes, favorisant l'adhésion entre le phagocyte et la cellule à détruire (processus d'opsonisation).
 
$-\ $ Il a des effets chimiotactiques sur les leucocytes, active les macrophages et amplifie les processus inflammatoires(en provoquant la sécrétion d'histamine).

I.3.2 Les interférons

Une cellule infectée par un virus sécrète d'autres protéines : les interférons qui vont se fixer sur les récepteurs membranaires des cellules voisines. 
 
Ces cellules ainsi sensibilisées, libèrent des enzymes anti virales non spécifiques pour se protéger en s'opposant à la multiplication du virus.
 
L'interféron prépare donc les cellules non infectées à se défendre contre le virus.

I.4 Le lysozyme

C'est un antiseptique naturel fabriqué par les cellules. 
 
Absent dans le sang, il est présent dans les différentes sécrétions (larmes, salive, mucus nasal, anal, vaginal). 
 
Il a une action non spécifique.

II. Mécanisme de la réponse spécifique

Au cours de cette de défense, la réaction est dirigée contre un antigène donné. 
 
Cette réponse complète la réponse non spécifique dans le cas où cette dernière se révèle insuffisante.

II.1. Les deux types de réponse spécifique

On étudie les effets dus à l'injection de bactéries ou de toxines à des animaux non traités et sur des animaux ayant reçu un dérivé atténué (anatoxine).  

II.1.1 Expériences 

 
 

II.1.2 Explication des résultats

$\surd\ $ L'injection d'anatoxine tétanique (vaccin antitétanique) provoque l'apparition de protéines particulières dans le plasma, appelées anticorps ou immunoglobulines qui immunisent contre le tétanos (principe de la vaccination). 
 
Ces anticorps sont sécrétés par l'organisme en réponse à la pénétration de l'antigène : l'anatoxine.
 
Ces anticorps sont spécifiques c'est-à-dire qu'ils ne s'attaquent qu'à l'antigène responsable de leur sécrétion (ici : toxine tétanique). 
 
Une telle réponse immunitaire se caractérise par une modification biochimique du plasma : c'est une réponse à médiation humorale.
 
$\surd\ $ L'injection de bacilles de Kock $(B.K)$ atténués immunise contre la tuberculose (principe de la vaccination antituberculeuse) avec le $BCG$ (Bacille Calmette Guérin) en libérant de la tuberculine et ce sont les lymphocytes $T8$ (fabriqués par l'organisme en réponse à la présence de la tuberculine) qui provoquent l'immunité. 
 
Une telle immunité est une réaction à médiation cellulaire.

N.B : 

Le rejet d'une greffe est aussi une réaction à médiation cellulaire ($LT8$, phagocyte, killer et natural killer).

II.1.3 Conclusion

Il existe donc deux types de réponses immunitaires spécifiques :
 
$-\ $ La réponse immunitaire spécifique à médiation humorale ;
 
$-\ $ La réponse immunitaire spécifique à médiation cellulaire.

II.2. Déroulement de la réponse spécifique

Expérience :

Une souris privée de thymus à la naissance et dont la moelle osseuse a été détruite (par irradiation) ne produit plus d'anticorps.
 
C'est dans la moelle osseuse que naissent toutes les cellules sanguines y compris les lymphocytes sous forme de lymphoblastes. 
 
C'est également dans la moelle osseuse que les lymphocytes $B$ acquièrent leur capacité de se différencier en plasmocytes (cellules productrices d'anticorps). 
 
Quant aux lymphocytes $T$, ils doivent passer dans le thymus pour y devenir immunocompétents.

Conclusion :

Le thymus et la moelle osseuse sont indispensables au déroulement de la réponse spécifique. 
 
La réponse spécifique se déroule en quatre phases : l'induction, l'amplification, la différenciation et la phase effectrice.
 
 
 

II.2.1 La phase d'induction

 
 
La reconnaissance des antigènes par les lymphocytes (point de départ de la RIS) aboutit à la sélection de clones de lymphocytes  possédant des récepteurs membranaires complémentaires des épitopes : c'est la sélection clonale.
 
Le mode de sélection est variable selon le type de lymphocyte :
 
$\surd\ $ Les lymphocytes $B$ sont sélectionnés directement par les antigènes qui sont soit libres, soit exposés à la surface de cellules.
 
$\surd\ $ Les lymphocytes $T$ sont sélectionnés au contact de cellules présentatrices de l'antigène (macrophages et lymphocytes $B$), dont les molécules $HLA$ sont associées à l'épitope :
 
$\bullet\ $ Les épitopes associées aux molécules $HLA$ de classe $I$ sont reconnus par les $LT8$ ;
 
$\bullet\ $ Les épitopes associées aux molécules $HLA$ de classe $II$ sont reconnus par les $LT4.$
 
La sélection des lymphocytes $T$ se fait par une double reconnaissance : leur récepteur membranaire devant reconnaître à la fois l'épitope et les molécules $HLA$ associées.
 
A l'issu de cette phase d'induction, les lymphocytes sélectionnés sont activés.

II.2.2 La phase d'amplification

Les $LT4$ activés, se transforment en $LT4$ sécréteurs d'interleukines.
 
L'interleukine auto active les $LT4$ et stimule, en même temps, tous les autres lymphocytes $(B\text{ et }T)$, ce qui active les mitoses à l'origine de l'expansion clonale.

II.2.3 La phase de différenciation

L'expansion clonale est suivie de la phase de différenciation durant laquelle certains des lymphocytes activés deviennent des cellules effectrices (et d'autres des lymphocytes mémoires) :
 
$\surd\ $ Les $LB$ évoluent en plasmocytes sécréteurs d'anticorps circulants ;
 
$\surd\ $ Les $LT8$ évoluent en $LT$ cytotoxiques ou cytolytiques ;
 
$\surd\ $ Les $LT4$ deviennent des $LT$ auxiliaires ou helpers sécréteurs d'interleukines et des $LT$ suppresseurs $(LTS).$ 
 
Ces $LTS$, seront responsables de l'arrêt de la réaction immunitaire en inhibant toutes les étapes de la $RIS.$
 
 
 

II.2.4 La phase effectrice

Deux types de réponses se développent :

II.2.4.1 La réponse à médiation humorale

La réponse à médiation humorale est caractérisée par la présence dans les humeurs, en particuliers dans le sérum, de substances capables de se lier spécifiquement à l'antigène qui a induit leur formation : ce sont les anticorps ou immunoglobulines $(Ig)$ sécrétés par les plasmocytes.
 
Ces anticorps circulants dans le sang et la lymphe sont spécifiques de l'épitope à l'origine de la réaction, et agissent de deux manières :
 
$-\ $ La formation d'un complexe-immun (association antigène-anticorps) qui est ensuite détruit par phagocytose ;
 
$-\ $ L'activation du complément qui va ensuite provoquer la lyse cellulaire
 
 
 

N.B : 

Il existe cinq $(5)$ classes d'anticorps : $IgG$, $IgA$, $IgM$, $IgE$, et $IgD.$
 
$\surd\ $ Les $IgG$ fixent et activent le complément, traversent le placenta, se fixent sur les macrophages et les lymphocytes.
 
$\surd\ $ Les $IgA$ gardent les «  portes d'entrée »  c'est-à-dire les muqueuses (digestives, respiratoires, vaginales...)
 
$\surd\ $ Les $IgM$ fixent et activent le complément, se fixent sur les macrophages et les lymphocytes.
 
$\surd\ $ Les $IgE$ se fixent sur les mastocytes et est responsable de certaines allergies.
 
$\surd\ $ Les $IgD$ présents à la surface des lymphocytes B et ont un rôle mal connu.

II.2.4.2 La réponse à médiation cellulaire

Les $LT$ cytotoxiques sélectionnés reconnaissent les cellules cibles présentant le $HLA$ associé au même épitope que celui qui les a activés. 
 
Ils se fixent à ces cellules et les détruisent grâce à l'action de substances appelées perforines qui provoquent une lyse cellulaire.
 
 
 

Conclusion

L'immunité spécifique est caractérisée par une coopération cellulaire au centre de laquelle se trouvent les lymphocytes $T4.$ 
 
Elle peut présenter des insuffisances ou des dysfonctionnements compromettant le maintien de l'intégrité du soi
 
Sciences de la vie et de la terre
Auteur: 
Daouda Tine

Commentaires

1

Super cool

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